Manifeste

L’écriture, un troisième espace culturel

« Les gens disent que je suis vraiment chanceuse car je vis entre deux cultures, mais moi je voudrais dire plutôt que je vis entre trois cultures : celle marocaine, celle catalane et ma propre culture, qui consiste à prendre ce que je préfère chez les deux autres ».

Laila Karrouch cit. in Màiréad Craith, Social Anthropology vol.17, 2009 page 202

Pourquoi le concours « Exister à bout de plume » est-t-il dédié à une thématique concernant les jeunes issus de l’immigration?
Parce-que nous ressentons l’urgence de raconter cet univers à travers un corpus textuel qui puisse expliquer ceci : les fils et les filles d’immigrés ne vivent pas seulement entre la culture du pays d’origine de leur famille et la culture française, mais aussi dans un troisième espace qui consiste en un mélange complètement subjectif!

Nous rejetons donc l’idée que les cultures soient des blocs séparés et imperméables, mais nous les considérons comme des réalités hybrides.

Les jeunes issus de l’immigration ont sûrement des repères familiaux  différents les uns des autres. Toutefois, ils peuvent être confrontés aux mêmes problématiques : par exemple face à des parents qui leur demandent d’être fidèles à la langue, à la religion et en général à leur culture d’origine, et qui en même temps exigent leur réussite, succès et intégration au sein de la société française.
Nous croyons qu’en général, les traditions qui nous ont précédés et les aprioris que nous avons eu l’occasion de sentir sur notre peau (venant de la famille ou de la société française) peuvent être acceptées ou refusées mais le plus important c’est de choisir, dans notre intimité, si elles nous appartiennent ou pas. Quel moyen autant efficace que l’écriture pour donner voix à ce choix ?

Cet acte profondément solitaire permet de prendre sa propre vie en main à travers la plume et met en lumière le désir de s’individualiser, tout en se projetant vers l’Autre.

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