Participer

« Un mot est mort quand il est dit
disent certains-
Moi je dis qu’il commence à vivre
de ce jours là ».

Emily Dickinson
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« Un vrai roman ne se laisse ni réduire en formules, ni même raconter: on ne peut pas plus en détacher le sens qu’on ne détache un sourire d’un visage. Quoique fait de mots, il existe comme les objets du monde qui débordent tout ce qu’on peut dire avec des mots ».

Simone de Beauvoir, L’existentialisme et la sagesse des nations, Editions Gallimard, 1945, page 73
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« Je terminai le livre avec avec la conviction que j’avais négligé quelque chose de terriblement important dans ma vie. J’avais un jour essayé d’écrire, je m’étais un jour abandonné à mes sentiments (…) mais la vie avait refoulé en moi tout élan vers le rêve. Mais voici qu’ils surgissaient de nouveau; j’avais soif de livres, de nouvelles façons de voir et de concevoir. L’important n’était pas de croire ou de ne pas croire à mes lectures, mais de ressentir du neuf, d’être affecté par quelque chose qui transformât l’aspect du monde.
A la pointe du jour, je mangeai mon porc et mes haricots; je me sentais hébété, somnolent. Je me rendis à mon travail, mais l’influence du livre ne s’effaçait pas; elle persistait et colorait tout ce que je voyais, faisais ou entendais ».

Richard Wright, Black Boy, Editions Gallimard, 1947 pages 425-426
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« Nous, fils de France, issus d’ici, lassés de l’arrogance des nantis face à nos cris de détresse, nos appels à l’aide et nos lettres restées mortes, nous tournons aujourd’hui nos voix et nos plumes vers la nation et nous levant comme un seul homme, comme une seule encre. Ensemble, nous existons ».

Collectif Qui fait la France?, Chronique d’une société annoncée, 2007, pages 9-10
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«  Je choisis d’être heureuse dans votre univers imparfait, quitte à sombrer dans l’insupportable, pourvu que ce choix fût mien. Je choisis donc je SUIS. C’est ainsi pour moi que ma vie valait d’être vécue ».

Calixthé Beyala, Lettre d’une Africaine à ses sœurs occidentales, 1995, page 15
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« Moi qui aime la vie malgré ses failles, qui aime l’amitié, qui aime l’humour et le rire, j’écris en fait sur les blessures, ces éternelles trahisons de la vie. Ce n’est pas très gai, mais c’est sincère. La sincérité, tel est mon engagement ».

Tahar Ben Jelloun, Interview, Courrier de l’Unesco, août-septembre 1991
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« Pour obtenir une vérité quelconque sur moi, il faut que je passe par l’autre. L’autre est indispensable à mon existence, aussi bien d’ailleurs qu’à la connaissance que j’ai de moi. Dans ces conditions, la découverte de mon intimité me découvre en même temps l’autre, comme une liberté posée en face de moi, qui me pense… »

Jean Paul Sartre, L’existentialisme est un humanisme, 1945, page 59
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« L’écriture, pour moi, c’est un moyen de supporter l’existence (…) dans l’écriture je dis ce que je pense. Dans la vie, par contre, ce n’est pas possible »

Gao Xingjian La raison d’être de la littérature, 2000, page 50

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« L’importance politique de la littérature réside dans le fait que les romans sont souvent capables de donner un nom à qui ne l’a pas, porter à la surface du monde ce que le langage politique a la tendance à exclure, introduire des nouveaux modèles d’expression et aussi des visions particulières concernant la société ».

Italo Calvino, cit in La situation Postcoloniale, Smouts, 2007 page. 111-112

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« Cette année, j’espère un nouveau départ. J’ai décidé d’arrêter toutes mes bêtises. J’ai toujours voulu écrire sur les ambiances et les galères du quartier et j’ai toutes les cartes en main. Ma soeur m’a même offert un carnet, avec un stylo de moyenne qualité, mais, comme on dit, c’est le geste qui compte. Elle dit: si j’y mets mon coeur, je pourrais faire un joli travail ».

Rachid Djaidani, Boumkoeur, 1999 page. 11

8 Responses to “Participer”

  1. Margot dit :

    « Le récit n’est plus l’écriture d’une aventure, mais l’aventure d’une écriture. »

    Jean Ricardou, Pour une théorie du nouveau roman

  2. fabien dit :

    « L’anonymat garantit l’honnêteté. »

    John Irving, Le monde selon Garp

  3. Lun dit :

    Mais, si dépourvues de matière qu’elles paraissent, les pensées aussi ont besoin d’un point d’appui, faute de quoi elles se mettent à tourner sur elles-mêmes dans une ronde folle.

    Stefan Zweig, Le Joueur d’échec

  4. Mary dit :

    Ecrire c’est accepter de se livrer, se définir par des mots, libérer ses envies, ses rêves…C’est certainement pour ces raisons que j’aime lire. Ce projet est intéressant car il permet d’aller vers cette libération…de soi. Félicitations pour l’initiative.

  5. Mani Hindé dit :

     » J’écris ce que pense, je pense ce que j’écris, qu’importe le temps que je mets à le faire, mon écrit me ressemble. »

    Mani Hindé

  6. daguey dit :

    ma plume est d’acier,
    mon encre est d’acide
    et mes mots dévident
    un coeur émacié…..

  7. Amandine Raganelli dit :

    « Une plume dépourvue d’encre est un coeur dépourvu de sang,
    L’encre qui ne sèche pas est le sang d’un écrivain sans âme,
    Mais le poète qui écri avec la plume à l’encre bien sèche est le poète au talent sans limites. »

    Ces quelques vers sont de moi et il me plaît à penser qu’il vous plairont.
    Certes je n’ai que 14 ans mais comme je le dis sans retenue, »un coeur d’écrivain de se crée pas , il naît »

  8. Sand cap dit :

    J’ai commencé à écrire quand la mort s’est approchée
    J’ai commencé à lui dire comme pour m’affranchir de son emprise
    Quelques mots bien pensés, assaisonnés de tout mon mépris
    Oui pour ne point sombrer dans son gouffre, et garder toutes mes forces
    Pour continuer à me hisser à la corde de la vie et sortir de ce trou
    J’ai dû lui dire tous ces maux qui me rongeaient le cœur
    Ma plume à la main, les mots se sont étalés
    Comme pour mieux me montrer toute l’étendue de ce pouvoir, dont j’ignorais jusqu’alors l’étendue.

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