Interview de Gaël Faye réalisée par Aminata Aidara

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Gaël Faye et moi nous nous rencontrons dans un bar près de métro Parmentier : il a un bouquin à la main, il est posé, calme et souriant. Et il se livre à une réflexion sincère sur son œuvre et sa philosophie. Nous discutons pendant des heures, même quand le micro est désormais éteint ! Très contente d’avoir fait sa connaissance.

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LA JEUNESSE D’UN FUTUR AUTEUR-COMPOSITEUR-INTERPRÈTE

Quelle langue avez-vous toujours parlée dans votre famille?

Comment pourriez-vous définir votre rapport à la langue française ?

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Académique ?

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Pendant votre enfance et votre adolescence est-ce que vous avez été poussé à la lecture par votre famille ? Si oui, quels sont les livres qui ont attiré en premier votre attention ?

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Il y a-t-il eu des professeurs ou des personnes externes à la famille qui ont alimenté votre passion pour la littérature ?

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Comment êtes-vous arrivé à l’écriture ? Depuis quand écrivez-vous ?

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UNE VIE COMME UN ROMAN ?

Quels sont vos auteurs préférés ? Et il y a-t-il un livre en particulier qui vous a donné envie d’écrire ou qui a guidé en partie votre vie ? Ou des mots qui ont tout simplement changé votre perception des choses ?

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Une vie comme un roman c’est dangereux aussi…

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Vous aussi dans la chanson « A-France » vous employez des comparaisons surprenantes…

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Tandis que dans votre chanson c’est vous qui parlez au deux pays, le Burundi et le Rwanda…

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Ah ok c’est magnifique : car si le rêve arrive au bout il cesse d’être un rêve en fait !

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Par rapport à la réflexion que vous venez de faire sur les auteurs antillais ou africains… Moi ça m’arrive souvent de citer que des auteurs femmes et j’ai remarqué que dans votre liste vous n’avez cité que des hommes. On dirait que chacun de nous cherche à se retrouver…

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L’ÉCRITURE COMME AUTO-THÉRAPIE

Il y a des extraits de vos textes qui m’ont donné envie de vous poser des questions… Quand dans la chanson « A-France » vous écrivez « Et puis il y a eu Paris, maintenant j’l’appelle Panam/ La pollution, les épiciers berbères et leurs mauvaises bananes/Ici c’est grecs, mac do, la pluie, le froid, les flaques d’eau/ Métro boulot dodo, la place Vendôme et les clodos/ Mais j’m’habitue, j’aime mes baskets et mon bitume (…) Je suis solitaire et des fois je sors la plume » 

ça veut peut-être dire que depuis que vous êtes en France l’écriture est devenue comme une sorte de maison ?

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C’est bien ça ! Et pensez-vous continuer toujours à écrire ? Si oui à part les chansons, envisagez-vous des nouvelles, des romans ou les deux…?

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Vous utilisez des métaphores que je n’ai jamais entendues. Où vous allez les chercher ?

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A travers les textes de vos chansons vous avez voulu revendiquer quelque chose ou tout simplement raconter une histoire ? Ou les deux choses à la fois ?

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LE RAPPORT À L’AFRIQUE

Dans la chanson « Président » on dirait qu’à la mort du père, le dictateur, la population ne sait pas quoi faire sans son paternalisme. Pensez-vous que cette attitude est due au fait que beaucoup de pays africains ont gardé une mentalité coloniale (dans le sens où le président, les politiciens et l’armée sont en quelque sorte des occupants et le peuple est le sujet) ? Ou il s’agit de l’histoire traditionnelle qui a toujours entretenu ce rapport entre chef et peuple ?

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Dans « Petit pays » vous écrivez : « Petit bout d’Afrique perché en altitude/ Je doute de mes amours, tu resteras ma certitude ». Quand vous parlez de l’amour pour votre terre d’origine vous parlez d’un amour pour le pays au niveau géographique, par exemple les paysages, pour sa population ou les deux ?

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Dans « A-France » vous chantez : « Des fois je me demande si j’ai un devoir envers l’Afrique/ J’pourrais fermer les yeux, une femme des gosses et garder mon fric / Problème existentiel de nos délires névrotiques ». A ce propos j’ai trois questions :

1) Comment expliquerez-vous votre sensation d’avoir un devoir envers l’Afrique ?

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2) Quand vous parlez des « délires de névrotiques » vous vous référez à la jeunesse africaine qui a quitté le pays, les jeunes comme vous par exemple ?

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3) J’ai pensé à une phrase entendue lors d’une conférence par le président d’une grande association : « Nous les Africains nous sommes tous des malades mentaux ». Cette phrase a choqué une partie de la salle. J’ai pensé qu’il voulait dire que pour qui avait des origines africaines le rapport avec l’Occident était tellement compliqué que c’était difficile de trouver sa place ici comme au pays originaire. Qu’en pensez-vous ?

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Et j’ai aussi pensé que les gens qui viennent ici de pays anciennement colonisés par la France n’ont pas me le même ressenti par rapport à des immigré russes ou sud-américains…

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En écoutant vos chansons je me suis demandée si entre le devoir de mémoire à propos du pays (Burundi ou Rwanda) et la vie projetée vers le futur il n’y avait pas plusieurs phrases contradictoires. J’ai imaginé qu’il s’agit d’un sujet qui vous travaille encore intérieurement. J’ai eu l’impression que vous n’avez pas fait un véritable choix. Par exemple, dans la chanson « Petit pays » on lit: « Petit pays, te faire sourire sera ma rédemption/ Je t’offrirais ma vie à commencer par cette chanson » et donc j’avais cru, en confrontant ces phrases à celle qu’on vient de citer de « Slowoperation », que c’est comme si vous n’en pouviez plus de vous torturer pour décider une bonne fois si parler tout le temps de votre pays originaire ou « vous barrer » et perfectionner votre art mais dans une quête plutôt individuelle que collective

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L’ART COMME INSTRUMENT DE RÉSISTANCE ?

Dans votre chanson « Charivari » on lit : « J’ai décrété que l’opprimé serait sujet, que je traiterai/ Que je prêterai ma voix aux crève-la dalle et traîne-savates/ Mais au train où ça va, faut les crever tous les porte-cravates/ Car ce monde qu’ils nous réservent c’est de l’argent, c’est du pouvoir/ Ne peuvent plus voir et ces messieurs nous emmènent tous vers un trou noir ».

Pensez-vous que votre voix et vos mots peuvent devenir des instruments de résistance anticapitaliste ?

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Dans « Qwerty » on lit : « Parce que lui depuis tout petit il voulait faire du hors piste/ Il avait toujours rêvé de mener la vie d’artiste ».

Pendant votre enfance quelqu’un vous a donné envie de mener une vie d’artiste, une vie hors-schéma ?

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Ah ok je croyais que c’était un souhait enfantin que vous avez caché pour qu’il ne ressorte pas…

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LA PARENTHÈSE LONDONIENNE

Quand, toujours dans Slowopération vous écrivez « On se dandinait comme des dandys, on se voulait fluide et nomade/ On rêvait tous de jet lag et de s’extraire de la vie normale » vous vous referez aux jeunes exilés comme vous ou simplement à une génération ?

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LES MÉTIS

Croyez-vous en l’existence d’un troisième espace culturel pour ce qui concerne les jeunes issus de l’immigration ?

Oui… Comme s’il y avait un espace concernant la culture parentale, un espace concernant la culture française et le troisième espace c’est le mélange de ces deux réalités pour arriver à vivre dans les deux ambiances. Il y a un moment ou vous avez écrit : « J’ai le cul entre deux chaises… j’ai décidé de m’asseoir par terre ». Ce par terre pourrait être votre troisième espace.

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Il y a des phrases qui m’ont fait réfléchir. Dans la chanson « Je pars » à un moment vous dites : « Ici on m’appelle ‘Négro’, y’a pas d’place pour nos peaux mates » et ensuite dans « Métis » : « Ni blanc ni noir, j’étais en recherche chromatique/ Mais le métis n’a pas de place dans ce monde dichotomique/ Donc c’est dit c’est dit, je suis noir dans ce pays,/ C’est pas moi qui l’ai voulu, je l’ai vu dans le regard d’autrui,/ C’est comme ça, laisse-les chanter nos mélanges de couleurs/ Laisse parler de la « diversité » et d’la France Black Blanc Beur, donc/ On serait tous métis, le reste c’est d’la bêtise…/ Voilà que j’ironise sur c’que les artisans de la paix disent ! ». J’ai pensé qu’aux Etats Unis les personnes qui ont du « sang noir » même si c’est de la part d’un seul grand parent sont considérées noires et il n’y a pas vraiment eu de pensée spéculaire. Comme si la couleur à rejoindre était le blanc.

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Mais vous ne trouvez pas que plus souvent nous sommes ramenés à la composante noire plutôt qu’à celle blanche ?

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Ah ok… Car moi au Sénégal j’ai remarqué que les membres de ma famille me répètent souvent « rappelle-toi que tu es noire »…

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Oui…

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Merci beaucoup Gaël !

 

 

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